L’histoire de Bounty

Qui est Bounty ?

Bounty est ma propre chienne, née le 21 novembre 2006. Elle est croisée berger allemand et labrador, et est dans ma vie depuis le 12 février 2011. Nous l’avons adopté chez un particulier qui l’abandonnait.

 

Son histoire

Bounty est née blanche dans une portée de chiots type bergers allemands noir et feu. Le naisseur ne voulant pas de ce chiot différent, sa mort était prévue. Une voisine est venue dans la journée, a craqué sur cette petite chienne et l’a donc récupérée. Bounty s’est donc vue attribuer son prénom et a été élevée sans sa fratrie, dans un salon. Elle n’a pas eu de contact avec d’autres chiens ou très peu, ce qui a empêché le bon déroulement de sa période de socialisation.

Bounty n’a pas profité de sorties comme les autres chiens et n’a donc pas pu élargir son répertoire sensoriel.

Plus tard dans sa vie et dans la maison de son ancienne famille et apparu un berger allemand avec qui elle a eu deux portées, dont aucun petit n’est né semblable à leur mère.

C’est après le sevrage des chiots de la seconde portée que la décision de donner leur chienne est venue. En effet, la chienne ayant besoin de sorties qu’elle n’avait pas, elle s’enfuyait soit sur l’autoroute A7 ou la nationale 7, ces deux routes bordant la maison familiale. Un trou dans le grillage permettait cette fuite. Après plusieurs réprimandes des services de police concernant le danger que représentait cette divagation, la décision de l’abandon était prise.

Nous avons donc adopté Bounty après l’avoir vue sur un site de petites annonces et lui avoir rendu visite le 12 février 2011 par un bel après-midi.

Selon les dires de sa maîtresse, c’était un chien sans problèmes, vaccinée, sans puces ni quoi que ce soit d’autre. Elle était habituée à tout sauf à la voiture. Bounty n’a par contre jamais été lavée avant nous, à cause d’une « peur de l’eau ».

Bounty est finalement montée en voiture sans problèmes et a fait le trajet sans accident de parcours. Elle n’a pas eu de réaction visible de manque de son ancienne famille.

Le lendemain, visite de contrôle chez le vétérinaire. Bounty n’avait eu que sa primo-vaccination et avait des puces. Un traitement a été mis en place directement. Et même le vétérinaire avait déjà remarqué son comportement « anormal » envers ses congénères.

 

L’arrivée à la maison et le contexte existant

Notre chienne a trouvé directement en arrivant chez nous un foyer où elle était attendue. Ses futures affaires étaient déjà là dans l’endroit qui allait lui être réservé. Mais voilà Bounty n’est pas le premier animal de la famille.

Nous avions déjà un lapin nain et un chat.

Avec le chat, il y a eu quelques semaines d’adaptation pour l’un et l’autre mais tout s’est globalement bien passé.

Et avec Litchi, notre lapin nain, ce fut le grand amour dès le départ. Elle adore en prendre soin et Litchi ne demande que ça.

En ce qui concerne notre lieu de vie, nous étions dans un appartement de 55 m², assez mal agencé pour des animaux, elle n’avait accès qu’au salon d’une trentaine de m². Sinon, et là est le point qui a posé le plus de “problème”, nous habitions en plein centre-ville. Alors notre commune n’est pas une grande ville, mais une commune de 20 000 habitants quand même, à chaque sortie dans la rue nous étions quasiment sûrs de croiser un congénère. Elle n’avait rien connu avant, et ce changement radical a été un virage à 90° pris, non sans risques.

Et là intervient le dernier point de ce paragraphe, mon manque de connaissances à l’époque du monde canin. Bien qu’ayant toujours eu des chiens éduqués par mon père à la maison, il faut avouer que je ne connaissais rien au système de communication des chiens, entre eux ou avec les humains, aux signaux d’apaisement par exemple. Et ce critère a bien évidemment retardé les bonnes décisions.

 

Les difficultés rencontrées

En premier lieu, étant donné que Bounty n’était pas familiarisée au monde extérieur, il a fallu tout lui faire connaître, du fait de marcher dans l’herbe jusqu’aux animaux de ferme comme les vaches. Étant donné son âge, nous avions largement dépassé la dite période de socialisation (pour rappel, elle “cesse” aux 12 semaines du chiot), il a donc fallu du temps, de la patience et beaucoup d’amour.

Pour exemple, les chevaux étaient très difficiles à approcher pour elle il y a seulement quelques mois. A force de patience et de travail, nous avons pu approcher pas plus tard qu’il y a 3 jours un cheval à quelques pas. Un dernier travail permettra son entière confiance en ces beaux animaux.

Ensuite, il a fallu reprendre les bases de l’éducation canine avec elle. Elle ne connaissait que son prénom, mais pas d’autres demandes. Pour rajouter une difficulté, Bounty étant en période de familiarisation à l’extérieur, elle était réactive à beaucoup de stimuli.

 

L’éducation

Pour commencer, je n’ai toujours connu dans ma vie, avant Bounty, que la méthode dite traditionnelle, qui nous parle de dominance, de soumettre son chien afin de gagner sa “soumission” pour qu’il obéisse à chaque ordre. Bien entendu, comme dans toutes méthodes, il y a différents degrés dans cette éducation. Donc Bounty a eu cet apprentissage quelques mois, avant que je ne me rende compte de ce qu’il se passait vraiment.

Tout d’abord, Bounty n’obéissait pas mieux, et le pire dans tout cela, c’est que j’avais perdu sa confiance. Je voyais sa crainte et je ne pouvais le supporter. J’avais un chien, mais pas son amour ni même sa confiance, et cela n’était pour moi pas concevable.

C’est à ce moment là que j’ai commencé à me renseigner sur les autres méthodes d’éducation possible et j’ai ainsi connu la méthode positive et amicale. Je l’ai mise en place dès le jour même, et le changement n’a pas été miraculeux (et oui, les miracles n’existent pas nous le savons bien), mais a été visible au bout de seulement quelques séances.

Au bout de quelques semaines, nous nous sommes mises au clicker training, qui a aussi été une révélation, que nous pratiquons aussi souvent que possible, avec toujours cet entrain et cet enthousiasme.

 

Aujourd’hui

Le résultat ? Une chienne qui nous fait confiance, qui s’est adaptée à son environnement et qui aime la compagnie des humains, sans appréhension.

Le seul point à travailler encore et encore aujourd’hui est le travail de croisement avec un congénère en laisse. Bounty aboie, car elle ne peut pas s’empêcher de vouloir aller jouer avec les autres, d’aller leur « dire bonjour ». Et un chien qui aboie, c’est encore souvent mal vu, par les personnes ne connaissant pas son vécu et la communication canine en général.

Et à chaque cours d’eau que l’on croise, Bounty se jette dedans !

Aujourd’hui, en plus, nous avons déménagé. Nous ne vivons plus en centre-ville et nous sommes à deux pas de la campagne. Un bonheur quotidien pour les balades.

 

S’il y avait quelque chose à refaire

S’il était possible de recommencer une seule chose, et bien je me renseignerais plus tôt sur les différentes méthodes d’éducation existantes. Je passerais directement au positif dès l’adoption de Bounty. Mais comme les évènements n’arrivent jamais par hasard, je pense que si cette période ne s’était pas déroulée ainsi, nous n’en serions pas là, elle comme moi.

 

Ce que représente Bounty dans ma vie

Bounty est le chien sans lequel mes yeux ne se seraient pas ouverts au monde de l’éducation canine positive, je n’aurais jamais eu de raison pour m’y intéresser et je serais passée à côté de beaucoup de choses.

Ma vision des choses à littéralement changé, que ce soit envers mon chien mais aussi dans la vie de tous les jours, j’essaie de penser même en positif, c’est dire !

Et enfin, elle a été le précurseur d’un gros changement de vie, mon entreprise. Et oui, comme vous le savez, aujourd’hui, l’éducation canine / l’étude du comportement par le biais des méthodes positives est mon métier. Grâce à elle et à ceux qui m’ont fait confiance, je sais qu’aujourd’hui je peux vous aider, vous, si vous rencontrez un problème de comportement avec votre animal, ou même si vous voulez éduquer votre chien.

Passer au positif, c’est la vie !

 

Bérengère.

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Écrit par Bérengère PATRIA, votre éducateur/comportementaliste canin professionnelle.

Une pensée sur “L’histoire de Bounty

  • 19 juin 2014 à 16 h 20 min
    Permalink

    Vraiment bien ce que vous avez fait pour cette jolie Bounty. Heureusement qu’elle a croisé votre chemin à tous les 4. Etonnant son rapport avec le petit lapin, comme quoi 🙂 rien n’est impossible.

    En tout cas c’est cool, ça donne un peu d’espoir pour Peppe, espérons qu’il se fasse, comme Bounty au Monde qui l’entour 🙂 !

    Bravo en tout cas.

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