[MAJ] L’animal est « doué de sensibilité » !

Aujourd’hui, les animaux notamment domestiques prennent de plus en plus de place dans nos vies quotidiennes. Certains d’entre nous s’inquiètent même du sort des animaux d’élevage, abattus dans des conditions… inhumaines. Mais comme nous allons rester dans notre sujet de prédilection, nous allons parler maintenant de l’impact du rejet, par le Sénat, d’un texte de loi qui concerne nos animaux de compagnie qui ne seraient pas « doués de sensibilité » !

 

dogs-447067_640Rappel des évènements

Après un sondage de l’Ifop pour la fondation 30 millions d’amis, nous avons pu constater que nous sommes 9 français sur 10 à désirer un changement du statut juridique de nos animaux. Parce que non, mon chien n’est pas un aspirateur, vraiment pas !

A partir de cette observation, nos députés ont décidé de créer et de voter un texte qui accepterait le fait que nos animaux soit sensibles. Une lueur d’espoir pour nous tous, amoureux des bêtes.

L’idée était aussi de voir à plus long terme pour un vrai changement de statut, à mi-chemin entre celui de l’Homme et des meubles. Ce texte était et aurait dû rester un premier pas. Notre code civil datant de 1804, il est aussi important de procéder à des mises à jour importantes, qui s’adaptent avec notre vie actuelle.

 

Alors, pourquoi cette suppression du jour au lendemain ?

On peut se le demander, alors que le pas était si bien amorcé en notre direction. Il faut tout d’abord connaître le fonctionnement de nos parlementaires pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Quand un texte de loi est proposé, il est premièrement présenté à l’Assemblée Nationale et voté par les députés. Une fois qu’il est accepté par cette première instance, il est envoyé au Sénat qui doit à son tour l’approuver. C’est ce que l’on appelle la navette parlementaire. Tant qu’un accord n’est pas trouvé sur le texte par les deux institutions, le texte ne sera pas publié.

Dans le cas de notre texte pour le changement de statut pour l’animal, il a été approuvé par l’Assemblée Nationale le 24 Octobre 2014 et vient d’être rejeté par les sénateurs ce 22 Janvier 2015.

 

dog-168815_640Les raisons

Ce qui ressort en premier, c’est que les sénateurs n’ont pas trouvé un but précis à ce texte, pour beaucoup, il n’avait qu’une utilité symbolique.

Notamment, pour Yves Détraigne, cette reconnaissance n’aurait pas sa place dans un code civil, qui doit établir que ce qui est autorisé ou non, et non la qualité d’un individu.

Pour d’autres sénateurs, il est pourtant « simple de prendre en compte du fait que l’animal est un bien. Il l’est parce qu’on peut le louer ou le vendre ». Pour moi, cet argument n’a juste aucun intérêt. Justement, une loi qui changerait vraiment le statut de l’animal améliorerait ces conditions de transfert de propriétaires qui sont parfois désastreuses, je pense notamment aux chiens et chats vendus sur des sites comme le bon coin.

Il y a une phrase qui m’a marquée au Sénat quant à ce refus de texte, c’est celle prononcée aussi par Yves Détraigne :

« Loin de simplifier et de clarifier le régime applicable aux animaux, les dispositions introduites complexifient un domaine déjà éclaté et pourraient, en outre, entraîner des conséquences économiques désastreuses – tout le monde voit de quoi je veux parler. »

À ce que j’ai compris de cette phrase, il veut bien parler de l’élevage de masse des animaux destinés à la consommation non ? Enfin, moi je le vois sous cet angle. Ce qui prouverait bien que nos politiques ne voient que les intérêts économiques et non ceux des animaux. Bien sûr, on nous cache les vrais conditions d’élevage, du moins il faut se renseigner pour les voir. Parce que si tout le monde savait, bien peu de monde mangerait encore de la viande. Et ça, messieurs dames, c’est pas bon du tout pour l’économie. Que des animaux souffrent, et qu’on ne fasse rien pour arranger les choses, ce n’est pas leur problème.

 

happy-cows-263766_640Mon avis

Pour ma part, je voyais cette loi comme un premier pas. Un premier pas vers la reconnaissance d’une vraie sensibilité des animaux, qui n’est plus à prouver scientifiquement, et que seuls des législateurs ne veulent pas voir.

Notamment, cet article est très intéressant pour commencer à se renseigner sur le sujet.

Mais sans parler des études scientifiques, quel propriétaire d’animal doute de sa sensibilité ? Qui n’a jamais ressenti les humeurs de son chien ou un mal-être de son chat ? Encore pire, quel maître attentionné n’a pas un jour ressenti l’attachement ? J’irai même jusqu’à dire l’Amour réciproque que l’on éprouve pour son animal ?

Alors, le fait que ce texte fasse machine arrière et retourne à l’Assemblée Nationale est à deux tranchants. D’un côté, cela nous embête tous, parce qu’un pas était amorcé et que l’on ne peut plus trop compter sur lui malheureusement.

Mais d’un autre côté, c’est peut être l’occasion de mieux faire. C’est sûrement l’occasion pour les députés de proposer un texte plus complet, qui définit clairement un nouveau statut au lieu de juste rajouter cette sensibilité. Je pense qu’on a tous besoin que l’animal soit reconnu comme un vrai être vivant sensible, pour que notamment les associations de protection animale puissent encore mieux faire leur travail.

 

not-266530_640Conclusion

Imaginez un monde où les animaux – rien que domestiques – seraient mieux protégés. Nous aurions plus de manœuvre envers les personnes qui les torturent, les maltraitent. Ces gens là pourraient vraiment répondre de leurs actes devant un tribunal et leur barbarie serait punie. Vous allez sûrement me dire que je débloque complètement et que je rêve, mais je pense vraiment qu’on a l’occasion de rêver. Et de faire bouger les choses.

J’aimerais vraiment avoir votre avis sur la question, à savoir si vous pensez comme moi ou pas du tout. Si pour vous, on a vraiment besoin d’un texte ou si ce qui existe aujourd’hui suffit.

Laissez moi un commentaire en dessous et partageons ensemble sur le sujet !

 

Bérengère.

 

MAJ de l’article : Finalement, le 28 janvier, l’Assemblée nationale a adopté le changement de la qualité de l’animal. L’animal est maintenant un être vivant doué de sensibilité. Ce vote vient harmoniser les différents textes déjà inscrits dans le code pénal et rural.

Comme je le dis dans l’article, l’important est qu’une prise de conscience se fasse sur le statut de l’animal, qu’un plus grand pas soit fait pour sa protection au quotidien et dans la vie de tous. Espérons maintenant que tout cela est un premier pas pour un profond changement et amène d’autres textes avec, pourquoi pas, la création d’une nouvelle catégorie pour les animaux auprès de celles des hommes et des biens meubles.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Écrit par Bérengère PATRIA, votre éducateur/comportementaliste canin professionnelle.

3 pensées sur “[MAJ] L’animal est « doué de sensibilité » !

  • 17 février 2015 à 9 h 22 min
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    Oui ,pas trop tôt que ce changement de statut juridique dans le code civil depuis longtemps réclamé par les associations de protection animales. Espérons que cela permettra aussi d’ameliorer la situation des animaux d élevage et de faire reculet les épouvantables élevages en batterie ,bienque je sois plutôt pessimiste.voir le modèle américain qui tente de s’imposer en France avec la ferme des mille vaches.Aux consommateurs aussi de limiter leur consommation de viande et de produits animaux en général et d ‘etre attentifs aux conditions d élevage avant d’acheter.

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  • 26 janvier 2015 à 15 h 30 min
    Permalink

    Pour ma part je pense en effet que si l’animal n’était pas doté de sensibilité et tout ce qui va avec il ne serait pas utilisé en thérapie, comme l’équithérapie par exemple ou dans les hôpitaux pour permettre aux personnes qui en ressentent le besoin d’aller mieux.

    J’ai une petite anecdote que j’aimerai partager avec vous. C’est celle du Rire Médecin et plus particulière celle du Grand Clown Hospitalier : le docteur girafe. (je vous conseille son livre qui est particulièrement génial).
    Un jour où elle en clown girafe et un autre clown du Rire Médecin jouaient de la musique dans les couloirs d’un hôpital pour enfant, un papa les entend et va les voir, leur explique que sa fille est dans le coma mais qu’il aimerait beaucoup que les clowns jouent de la musique pour elle car il sait qu’elle entend ce qu’on lui dit.
    Alors les clowns se rendent dans la chambre d’hôpital de la puce, commencent à jouer de la musique douce et lorsque le Clown Girafe voit la photo d’un bébé chat collée au mur au dessus du lit de la petite, elle lui dit tiens t’aimes bien les chats ? la puce (bien que toujours dans le coma) lui répond oui j’aime bien les chats.
    Alors le clown girafe comme tous les personnes présentes dans cette chambre, étonnés par le fait que la puce ait répondu, s’exclame ah non t’aimes pas les chats… tu les adores !!!
    Alors le papa explique aux clowns que c’est son chaton et qu’effectivement ils sont très fusionnels tous les deux et que quand elle était à la maison ils étaient inséparables.

    Alors le Clown Girafe dit au père : mais il faut lui amener son chat à l’hôpital pour qu’elle puisse le voir !

    Le papa dit oui j’aimerai beaucoup mais le règlement me l’interdit.

    Les clowns répondent, ne vous inquiétez pas on s’en occupe. Ils vont voir le chef de service, leur explique ce qu’il s’est passé et lui demande l’autorisation exceptionnel de laisse ce papa (la petite avait perdu sa maman dans un accident de voiture peut de temps avant de tomber dans le coma) amener ce chat à sa puce hospitalisée. Le chef de service a répondu, je n’ai rien vu, rien n’entendu alors oui laissons ce papa amener ce chat.

    Les clowns retournent voir le papa, leur explique que c’est bon à une seule condition… les clowns veulent être présents lors des retrouvailles.

    La semaine d’après, le papa amène le chat dans la chambre de la puce (tjrs dans le coma) attend l’arrivée des clowns et lorsqu’ils sont arrivés, sort le chat de sa caisse de transport, le pose sur le lit de la petite puce, et dès que celle-ci a sentie la présence de son chat s’est « réveillée » et à joué avec lui, la petite était tjrs dans le coma à ce moment là mais la présence du chat l’a rendue active. La petite s’est recouchée et s’est remise en mode coma total lorsque le papa à enlevé le chat du lit.

    Extrait tiré de ce livre :
    http://www.priceminister.com/offer/buy/313175322/le-rire-medecin-journal-du-docteur-girafe-de-caroline-simonds.html

    Alors quel objet aurait permis cela ? quoi d’autres qu’un être vivant avec qui ont partage un amour inconditionnel aurait permis un tel miracle ? un tel événement de fou ?

    Alors non l’animal n’est pas un objet et oui il est doté d’une sensibilité et de sens très très fort que nous devons encore découvrir…

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    • 3 février 2015 à 13 h 29 min
      Permalink

      oups, magnifique récit Marjorie, j’en ai le coeur serré, merci de ce très beau témoignage qui confirme la puissance de l’interaction et du lien affectif que l’on peut construire avec un animal…

      Et merci Bérangère pour l’historique de ce texte enfin voté et pour ton analyse.
      Oui, c’est forcément très positif pour les animaux et effectivement pour les associations de protection animale. Aujourd’hui il faut se battre corps et âmes pour prouver qu’il y a maltraitance et les textes de loi sont beaucoup trop légers, surtout les sanctions. J’ai espoir que suivra un jour la formation des forces de police et de gendarmerie, aujourd’hui absolument pas formées et sensibilisées aux interventions pour maltraitance (sauf exception où un agent de l’ordre aime particulièrement les animaux…). Dans de nombreux pays du nord ou anglo-saxons, il y a des brigades spécifiquement formées à ce type d’action. Il est donc beaucoup plus facile d’intervenir dans ces pays qu’en France où des enquêteurs bénévoles prennent de gros risques en menant seuls leurs enquêtes.

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